La souveraineté numérique en Europe ne concerne plus seulement les États et les entreprises, mais aussi les citoyens. Des initiatives comme la danoise Digital Stemme rencontrent un succès rapide, signe d’un ras-le-bol face à la domination des géants technologiques américains. Le contexte politique, notamment les tensions avec les États-Unis et certaines déclarations de Donald Trump, a renforcé la prise de conscience d’une dépendance numérique jugée risquée.
En Allemagne, le Chaos Computer Club a lancé les Digital Independence Day, des rendez-vous mensuels visant à aider concrètement les particuliers à se détacher progressivement des services américains. L’approche se veut pratique, gratuite et collaborative, en proposant des alternatives européennes ou libres comme LibreOffice, Mastodon ou Proton, afin de rendre la transition moins technique et plus accessible.
Derrière ces démarches militantes se cache une inquiétude plus profonde : celle d’un possible contrôle de l’information et des comportements par les plateformes américaines. Des experts évoquent un risque de voir l’Europe devenir une « colonie numérique », rappelant des précédents comme le scandale Cambridge Analytica ou des cas de sanctions ciblant des activistes européens, perçus comme des moyens de pression politique et idéologique.
Cependant, se libérer des Gafam reste difficile pour les citoyens, enfermés dans des écosystèmes où se concentrent leurs relations sociales et leurs habitudes quotidiennes. Quitter ces plateformes peut mener à une marginalisation sociale et à une perte de confort numérique. Les promoteurs de l’autonomie numérique appellent donc à agir rapidement, tout en avertissant que cet élan, déjà observé par le passé, pourrait s’essouffler si aucune alternative attractive et durable ne s’impose.


