Dans une déclaration au ton incisif, l’ancien député provincial Mike Mukebayi dresse un tableau sombre des récents développements diplomatiques concernant la RDC. Selon lui, plusieurs signaux convergents — des discussions de Luanda à celles de Lomé, en passant par le Sénat des États-Unis — s’inscrivent dans la logique de la résolution 559 de la Chambre des représentants américaine. Une résolution qui exigerait notamment la levée des « mesures défensives » du Rwanda, conditionnée à la neutralisation des FDLR.
Mike Mukebayi évoque également le rôle discret attribué à Moïse Katumbi dans l’obtention de cette résolution, ainsi que la « remise en selle » du tandem Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) – Église du Christ au Congo (ECC). Pour lui, l’ensemble de ces éléments constitue un puzzle diplomatique dont les pièces semblent avoir été activées simultanément ces derniers jours, renforçant l’idée d’une recomposition stratégique autour de la crise sécuritaire à l’Est du pays.
Au cœur de son analyse se trouve le « contrat de partenariat stratégique » porté par le président Félix Tshisekedi. Mukebayi estime que cette initiative n’aurait produit aucun gain diplomatique tangible à Washington. Il parle même d’un « marché des dupes », suggérant que Kinshasa aurait présenté une forme de chèque en blanc à l’administration américaine, sans obtenir en retour des engagements clairs ou des garanties sécuritaires substantielles.
Dans sa lecture, le président américain Donald Trump serait désormais en position de fixer seul les termes et le calendrier d’éventuelles contreparties. Or, du point de vue de Kinshasa, l’attente principale demeure une contrepartie diplomatico-sécuritaire capable de modifier le rapport de forces dans l’Est de la RDC, région toujours en proie à l’instabilité et aux conflits armés.
Si cette thèse ne constitue pas une vérité absolue, comme le reconnaît lui-même Mukebayi, elle alimente néanmoins le débat sur l’efficacité de la diplomatie congolaise actuelle. Entre pressions régionales, médiations religieuses et arbitrages américains, la RDC se trouve à la croisée des chemins, confrontée à la nécessité d’obtenir des résultats concrets pour sa sécurité nationale sans compromettre sa souveraineté stratégique.


