Une nouvelle bataille politique se dessine autour du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Pas moins de 56 députés nationaux ont apposé leur signature sur une motion de défiance visant le membre du gouvernement, accusé de dérives dans la gestion des affaires provinciales.
Au cœur des reproches figurent des faits d’ingérence présumée dans le fonctionnement des institutions locales. Les signataires dénoncent notamment des interventions répétées dans les assemblées provinciales, allant jusqu’à suspendre certaines motions de défiance, ainsi qu’un rôle controversé dans la mise en place des exécutifs provinciaux à Kinshasa et au Haut-Katanga en 2024.
La gestion de la crise institutionnelle dans la province de la Tshopo est également pointée du doigt. Le document accuse le ministre d’avoir entravé le processus de destitution du gouverneur en octobre 2025, alimentant ainsi les critiques sur son respect des équilibres institutionnels.
Sur le plan sécuritaire, les députés évoquent une dégradation de la situation dans plusieurs grandes villes du pays, estimant que le ministère de l’Intérieur n’a pas su apporter une réponse efficace face à la recrudescence de la criminalité.
Les initiateurs de la motion appellent désormais à une large adhésion de leurs collègues afin d’atteindre la majorité absolue requise pour contraindre le ministre à quitter ses fonctions.
Face à cette offensive parlementaire, Jacquemain Shabani Lukoo rejette en bloc les accusations et dénonce une manœuvre politique sur fond de rivalités internes au sein de l’UDPS Tshisekedi. Selon plusieurs sources, il a engagé des consultations avec différents caucus parlementaires afin de désamorcer la crise, tandis que certains dénoncent déjà des irrégularités dans la procédure.

