Après avoir atteint les sommets de la catégorie des poids lourds, le boxeur congolais Martin Bakole traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus délicates de sa carrière. Entre accusations de sabotage, litiges contractuels et inactivité prolongée, le pugiliste est désormais en conflit ouvert avec son promoteur, Ben Shalom, patron de la structure BOXXER.
Le noble art a ses héros, mais aussi ses zones d’ombre, où les contrats peuvent peser plus lourd que les coups portés sur le ring. Originaire de Kananga et basé en Écosse, Bakole en est aujourd’hui l’illustration. Celui qui avait marqué les esprits en août 2024 en dominant l’Américain Jared Anderson se retrouve désormais freiné par une bataille juridique qui menace ses meilleures années.
La rupture avec BOXXER semble s’être amorcée après une série de contre-performances. En décembre 2024, à Riyad, appelé en remplacement de Daniel Dubois pour affronter Joseph Parker, Bakole s’était présenté en manque de préparation et avait été battu par KO dès le deuxième round. Un revers suivi d’un match nul décevant face à Efe Ajagba en mai 2025, où son état physique avait de nouveau suscité des critiques.
Mais au-delà du ring, le différend est désormais juridique. Récemment, l’Italien Guido Vianello a affirmé que Bakole s’était retiré sans explication d’un combat prévu au Caire. En coulisses, le boxeur congolais se considère aujourd’hui comme libre de tout engagement, tandis que son promoteur affirme toujours détenir ses droits.
Sur ses réseaux sociaux, Martin Bakole a exprimé sa colère en des termes particulièrement virulents.
« Pour tous ceux qui demandent ce qui se passe avec moi, je suis prêt à me battre à tout moment, mais un homme essaie de ruiner ma carrière : Ben Shalom. Mon avocat a confirmé que mon contrat avec lui est terminé. J’essaie d’avancer et il envoie des e-mails à tous ceux qui m’empêchent de me battre et de gagner ma vie. Il essaie de me faire peur en disant qu’il poursuivra tout le monde si je me bats sans le payer. Je me bats pour subvenir aux besoins de ma famille, pas pour lui », a écrit le boxeur congolais.
Selon Bakole, son promoteur réclamerait des pourcentages sur ses futurs revenus sans base contractuelle valable, bloquant ainsi plusieurs opportunités, dont un combat très attendu face au jeune prodige Moses Itauma, assorti d’une bourse estimée à 1,5 million d’euros.
De son côté, BOXXER rejette fermement ces accusations. Dans un communiqué, la structure affirme que le boxeur reste sous contrat depuis février 2023 et évoque plusieurs combats proposés mais refusés ou non honorés par Bakole.
« Martin Bakole est toujours sous contrat avec BOXXER. Nous continuons de travailler pour lui offrir les meilleures opportunités possibles. Il est regrettable de voir ces allégations, qui résultent d’ingérences extérieures. Nous restons engagés à le voir revenir au plus haut niveau », a indiqué la structure dans son communiqué.
Au cœur de ce bras de fer, une réalité s’impose : Martin Bakole ne combat plus. À 32 ans, dans une catégorie où l’inactivité peut coûter cher, chaque mois éloigne un peu plus le Congolais des grandes opportunités mondiales.
L’issue du conflit semble désormais dépendre de deux scénarios notamment un accord financier permettant une séparation à l’amiable, ou une bataille judiciaire qui pourrait s’éterniser. Dans les deux cas, le temps joue contre le boxeur.
Dans un sport où le chronomètre est un adversaire implacable, Martin Bakole voit le compte à rebours s’accélérer. Et si le combat se déplace des rings aux tribunaux, c’est toute une carrière qui risque de s’essouffler loin des projecteurs.


