Le mouvement rebelle de l’AFC/M23 a enregistré en l’espace de deux mois, au moins 263 combattants, dont plusieurs officiers, qui ont choisi de déposer les armes dans l’est de la RDC selon des données communiquées par la 34ᵉ région militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Un phénomène qui s’accompagne du départ en exil de certains cadres du mouvement.
Derrière ces départs successifs se dessine une crise interne plus profonde. Le mouvement né d’une coalition de groupes armés et d’acteurs politico-militaires, serait aujourd’hui traversé par des désaccords entre ceux qui privilégient l’ancrage local et ceux qui poursuivent des ambitions politiques plus larges, la ligne directrice apparaît de moins en moins lisible pour les combattants engagés sur le terrain.
Cette absence de cap clair semble peser lourdement sur les troupes. À cela s’ajoutent des difficultés d’ordre logistique et organisationnel, évoquées par plusieurs sources locales, qui fragilisent davantage la cohésion interne. Dans ce contexte la reddition devient pour certains une alternative face à une situation marquée par l’incertitude.
Parallèlement la montée en puissance des opérations menées par les FARDC contribue à accentuer cette pression. Le renforcement des capacités militaires et les actions ciblées contre certaines positions rebelles auraient amplifié le sentiment d’insécurité au sein des rangs de l’AFC/M23, accélérant les défections.
Si le mouvement conserve encore une présence active dans certaines zones de l’Est, ces signaux traduisent néanmoins un affaiblissement progressif. Pour les autorités congolaises, cette évolution pourrait constituer une opportunité pour relancer les mécanismes de désarmement et encourager davantage de combattants à s’inscrire dans une dynamique de retour à la paix.


