Dans une sortie médiatique particulièrement remarquée, Delly Sesanga a livré une critique frontale et sans concession du pouvoir en place. L’opposant dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la guerre à l’Est du pays à des fins politiques.
Selon lui, « la guerre à l’Est est devenue, pour le pouvoir, un instrument d’agression politique, un instrument de justification de toutes les incompétences et antivaleurs, un instrument de maintien au pouvoir au nom d’une prétendue mission, et un instrument de distraction ».
Une déclaration lourde de sens, qui met en cause non seulement la gestion du conflit, mais aussi son usage dans le discours politique national.
Au-delà de la question sécuritaire à l’Est, Sesanga dresse un constat alarmant de la situation dans plusieurs villes du pays, y compris à Kinshasa. Il évoque une insécurité grandissante marquée par des actes de violence récurrents : « On tue en plein jour. On agresse. On kidnappe. On viole. On fait des braquages en pleines rues. On sème la peur ». Il accuse les autorités d’indifférence face à cette réalité, affirmant que ceux qui gouvernent « font semblant de ne rien voir, ne rien entendre, ne rien ressentir ».
Sur le plan institutionnel, le ton se durcit davantage. L’opposant met en garde contre toute tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel. Pour lui, « ceux qui s’y adonnent sortent du pacte républicain et prennent le maquis contre la République », ajoutant qu’ils doivent être « traités et combattus comme tel par tout moyen ». Il rappelle également l’histoire de résistance du peuple congolais, estimant que celui-ci saura se lever pour défendre la République si nécessaire.
Dans la même logique, Sesanga insiste sur le respect du calendrier démocratique, rejetant toute idée de glissement du pouvoir : « S’il est une chose que ce pouvoir peut négocier, ce n’est pas son maintien. Ce sont les conditions d’une sortie pacifique en 2028. Ni glissement, ni mission de droit divin, ethnique, tribal ou partisan ».
Cependant, à la suite de cette sortie médiatique, une vidéo compilant plusieurs anciennes déclarations de Delly Sesanga a circulé sur les réseaux sociaux, le présentant comme favorable à une révision de la Constitution. Cette diffusion semble avoir eu pour objectif de créer une confusion dans l’opinion publique, en laissant croire à une contradiction dans son discours. Pourtant, il convient de préciser que la révision et le changement de la Constitution sont deux notions distinctes : la première consiste à modifier certains articles dans le cadre du texte existant, tandis que la seconde implique une refonte totale de la loi fondamentale.
Par cette prise de parole, Delly Sesanga s’inscrit dans une posture d’opposition ferme et structurée, articulée autour de la défense de l’ordre constitutionnel, de la sécurité nationale et du respect des échéances démocratiques. Une sortie qui confirme la montée des tensions politiques à l’approche des prochaines échéances majeures en République démocratique du Congo.


