Depuis la sortie médiatique de Modeste Bahati, plusieurs voix se sont levées au sein de l’Union sacrée pour contester sa prise de position sur le changement de la Constitution. Parmi ceux qui se sont levés contre le sénateur figure l’homme politique Steve Mbikayi.
L’ex-ministre de l’ESU accuse Bahati de semer la confusion au sein de la majorité présidentielle sur la question sensible de la révision de la Constitution.
Pour Steve Mbikayi, cette prise de position intervient à un moment inopportun, alors que l’attention du pays reste largement tournée vers la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et les enjeux liés au retrait annoncé des forces d’occupation. Selon lui, les déclarations du leader de l’AFDC-A risquent de détourner le débat public de ces priorités nationales.
L’ancien ministre estime par ailleurs que le problème tient surtout au statut politique de Modeste Bahati. En tant que membre influent de l’Union sacrée de la Nation, coalition soutenant le président Félix Tshisekedi, et actuel deuxième vice-président du Sénat, ses propos sont perçus comme une prise de distance vis-à-vis de la ligne de la majorité.
Steve Mbikayi rappelle à ce sujet que le chef de l’État s’est déjà exprimé sur la possibilité d’initier des réformes constitutionnelles, estimant que cette démarche reste conforme aux prérogatives que lui confère la Constitution en tant que garant de la nation.
Au-delà du débat institutionnel, Mbikayi voit dans cette sortie l’expression d’ambitions politiques personnelles. Selon lui, Modeste Bahati nourrit depuis longtemps des aspirations présidentielles. Il évoque notamment l’épisode de 2018, lorsque le leader de l’AFDC-A, alors membre du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, envisageait déjà une candidature à la présidentielle avant que la plateforme ne désigne finalement Emmanuel Ramazani Shadary.
Pour Steve Mbikayi, une éventuelle réforme constitutionnelle pourrait aujourd’hui modifier les équilibres politiques et constituer un obstacle pour certains acteurs nourrissant des ambitions présidentielles. Dans cette perspective, il estime que la posture du sénateur Bahati demeure ambiguë.
L’auteur de la carte blanche appelle ainsi le leader de l’AFDC-A à clarifier sa position politique. Selon lui, il ne serait pas cohérent de rester au cœur de la majorité tout en adoptant des positions susceptibles de fragiliser sa cohésion.


