La Constitution de la RDC 20 ans après son adoption par référendum et sa promulgation par l’ancien président Joseph Kabila, le 18 février 2006 reste au cœur des débats intenses.
Présenté comme le document fondateur de la 3ème République, il devait clore la longue transition post-conflits et jeter les bases d’un État démocratique, fondé sur la séparation des pouvoirs et l’alternance politique. Deux décennies plus tard, le texte divise profondément la classe politique.
Lors de sa dernière visite à Kisangani, le chef de l’État avait exprimé sans détour sa volonté de changer la Constitution. Selon lui, l’actuelle loi fondamentale ne répondrait pas suffisamment aux réalités congolaises.
Il avait jugé ce document inadapté au contexte national et que ce texte aurait été, selon ses propos, rédigé à l’étranger pour conclure, qu’il était nécessaire d’élaborer une loi fondamentale davantage ancrée dans les réalités sociopolitiques du pays.
La Constitution n’a pas de problème selon l’opposition
Face à cette perspective, une frange importante de l’opposition reste farouchement opposée à toute modification du texte.
Pour Olivier Kamitatu, membre du parti Ensemble de Moïse Katumbi, le problème ne réside pas dans la qualité de la Constitution, mais dans son application.
« Vingt ans après février 2006, la RDC n’a pas échoué parce que la Constitution serait mauvaise. Elle échoue parce qu’elle n’est pas appliquée. Changer le texte ne résoudra rien. Il faut respecter l’article 220, garantir la légitimité des institutions et restaurer l’État de droit », soutient-il.
Au-delà des positions partisanes, la question constitutionnelle ravive des interrogations sur la consolidation démocratique.
Pour les défenseurs du statu quo, la stabilité du texte garantit la prévisibilité institutionnelle et prévient toute dérive. Pour les partisans d’une réforme, une adaptation serait indispensable afin de corriger les dysfonctionnements observés depuis vingt ans.
Deux décennies après son entrée en vigueur, la Constitution de 2006 reste ainsi un symbole : celui d’un espoir démocratique né au sortir des conflits, mais aussi d’un débat toujours ouvert sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.


