La semaine dernière, plusieurs influenceurs et certains médias ont annoncé que tous les fonctionnaires avaient été payés. L’information, largement relayée sur les réseaux sociaux, a rapidement rassuré l’opinion. Pourtant, en date du 16 février, de nombreux agents de l’État affirment n’avoir toujours pas perçu leurs salaires.
Dans un pays où le salaire du fonctionnaire constitue souvent l’unique source de revenu familial, annoncer un paiement généralisé sans vérification rigoureuse peut avoir des conséquences lourdes. Loyers impayés, frais scolaires en attente, dettes accumulées… Chaque jour de retard pèse concrètement sur des milliers de ménages.
La précipitation avec laquelle l’information a été relayée pose un véritable problème de responsabilité médiatique. Informer ne consiste pas seulement à publier, mais à vérifier, recouper et contextualiser.
Sur les réseaux sociaux, certains accusent directement le ministre des Finances, Doudou Fwamba, estimant que la gestion des décaissements relève de son ministère. Dans l’opinion publique, le raccourci est vite fait : s’il y a retard, la responsabilité serait politique.
Plus que jamais, la priorité doit être la transparence. Une communication précise des autorités permettrait de dissiper les doutes et de rétablir la confiance, car derrière ces chiffres, il y a des hommes et des femmes qui attendent simplement le fruit de leur travail.


